Aux filles les Barbies, aux garçons les voitures. Aux filles les talons, aux garçons les baskets. Aux filles la danse, aux garçons le football… Et on pourrait continuer comme ça pendant des heures. Toutes ces généralisations, nous avons fini par les intégrer inconsciemment. Comment expliquer cela ? Tout simplement parce que lorsque un bébé naît, nous l’éduquons en fonction de ce que « doit » être une fille ou un garçon pour la société. Nous lui assignons un genre. Mais alors, quelle est la différence entre le sexe et le genre ? Petites explications.

Un choix limité, non ?

Un choix limité, non ?

Le sexe est déterminé par la nature. Les êtres vivants naissent mâle/homme ou femelle/femme, en fonction de divers marqueurs qui permettent de les distinguer. La différence principale réside dans leurs organes sexuels.

- Organes externes (vulve et seins pour les femmes, bourses et pénis pour les hommes)
- Organes internes (ovaires, utérus et vagin pour les femmes, prostate, canal séminal et testicules pour les hommes)

Mais pour que cette définition soit complète, il manque encore deux autres éléments :

- Les hormones. Nous avons les mêmes, mais dans des proportions différentes
- Les chromosomes, notre code génétique. Les femmes ont deux chromosomes X, les hommes, un chromosome X et un Y

Pour que l’on retrouve les deux sexes homme/femme, il faut donc que ces 4 éléments se coordonnent. Mais il arrive que l’on se retrouve avec des combinaisons très variées, où il est difficile de dire si la personne est femme ou homme. Ils sont intersexe. On peut avoir par exemple :

- XX + XY : Hermaphrodites, ils présentent des attributs sexuels féminins et masculins.
- XXY : génétiquement, ce sont des garçons, mais ils n’ont pas de testicules, et ont une morphologie plutôt féminine.
- X zéro : ressemblent à des filles, mais n’ont pas d’organes internes.

Et il y a encore plein d’autres combinaisons possibles…

Le genre est une identification. Ce n’est pas une identité, mais une désignation faite par les individus dans notre société. Pour faire simple, on pourrait distinguer genre et sexe comme ceci :

- sexe : homme/femme
- genre : masculin/féminin

Ce qui fait le lien entre les deux, ce sont nos marqueurs sexuels. En fonction du sexe, on désigne le genre. Le problème, c’est que les individus ont trop bien intégré ces désignations sociales. Si bien qu’aujourd’hui, on considère encore que le masculin est actif, le féminin passif ; le masculin est guidé par la raison, le féminin par les émotions… La pression de la société est partout: la femme est réduite à un rôle de subordination que l’on retrouve souvent dans la société, relayée par les médias. On peut le voir dans certaines publicités par exemple. Quant aux hommes, ils se doivent d’être « virils », de réussir socialement, d’être des « bons coups » au lit… Pourtant, en fonction du contexte et de l’époque, les codes du féminin et du masculin changent. Aussi, sous Louis XIV, les hommes portaient des perruques, avec des vêtements colorés et des fanfreluches. C’était le symbole de la masculinité.  Aujourd’hui, un homme habillé comme ça dans la rue est vu comme une « tarlouze », la norme étant devenue différente.

Laure, 10 ans, se fait passer pour un garçon dans le film "Tomboy"

Laure, 10 ans, se fait passer pour un garçon dans le film « Tomboy »

En société, il semble très difficile de vivre sans avoir un sexe « défini » (même si en Allemagne, il existe désormais une reconnaissance des intersexes: http://www.europe1.fr/International/Allemagne-le-sexe-indetermine-est-desormais-legal-1613795/ ). Alors comment fait-on pour assigner un genre à quelqu’un dont le sexe n’est pas déterminé ? Que faire quand un enfant assigné fille, va à l’adolescence se masculiniser ou inversement ? Qui doit primer : le genre ou le sexe ? Des questions auxquelles il reste difficile de répondre, mais auxquelles on peut aussi réfléchir.

Pour aller plus loin :

Vous pouvez regarder l’excellent documentaire de Valérie Mitteaux, « Mon sexe n’est pas mon genre », qui suit 4 personnes nées femmes mais qui se sentent hommes et vivent aujourd’hui comme tels.

http://www.observatoire-des-transidentites.com/pages/Vincent_Guillot_Mon_corps_atil_un_sexe_Determination_du_sexe_et_contraintes_du_genre-5476791.html#_ftnref http://sexes.blogs.liberation.fr/agnes_giard/2013/06/il-nexiste-pas-2-sexes-m%C3%A2le-et-femelle-mais-48.html http://www.rue89.com/rue69/2013/07/05/bon-corps-jai-passe-adolescence-a-changer-243856

2 réponses à Sexe et genre: nature et culture

  • La chasteté sexuelle des religieux ou bien le couple occidental monogame sont des moeurs distanciés du conditionnement biologique ou de l’instinct sexuel naturel qui pousse les sexes opposés à se reproduire. Néanmoins aucune société ne peut se couper complètement des lois de la nature ; si tout le monde adopte un comportement sexuel chaste ou virtuel (stérile), la société s’éteindra peu à peu.
    - Ce qui est étonnant dans cette théorie du genre, c’est qu’elle contredit radicalement le discours biologique déterministe dominant qui prétend que tous les comportements humains sont prédéterminés biologiquement, et que, se croyant libre, l’homme et la femme en réalité ne le sont pas plus que les autres animaux, et que l’amour n’est en réalité qu’une affaire de phéromones et de substances chimiques.

    • Quel discours biologique déterministe « dominant » ? Il est plutôt admis dans la communauté scientifique que nos comportements relèvent de normes sociétales, et non pas d’instincts primitifs. D’ailleurs, à quels animaux devrions-nous nous identifier ? Même au sein des primates il existe des différences comportementales significatives.
      Par ailleurs, ne craignez rien, la société ne va pas s’éteindre de sitôt, même si la moitié des êtres humains décidaient de ne plus se reproduire (ce qui, au passage, n’a strictement rien à voir avec le genre. Peut-être que vous êtes un peu confus sur cette notion et que vous la reliez à l’homosexualité, qui relève de l’orientation sexuelle et non du genre. Je vous invite à relire l’article et les les liens en bas de page). Je vous rappelle que nous sommes actuellement 7 milliards à vivre sur Terre et que les estimations démographiques s’accordent sur une augmentation dans les prochaines années. Ne vous inquiétez donc pas à cause de tous ceux qui ne veulent ou peuvent avoir des enfants, l’humanité n’en souffrira pas.

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